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Deux femmes d'affaires travaillant sur ordinateur.

Qui a dit que les femmes détestaient l’informatique? Depuis 2011, l’organisme Ladies Learning Code a appris la programmation à des milliers de participantes. Et elles adorent ça!

Tout a commencé par moins de 140 caractères sur Twitter. Heather Payne, une jeune entrepreneure torontoise, a lancé une question qui a fait mouche : « Y a-t-il des femmes qui aimeraient se regrouper pour apprendre la programmation informatique? » Le nombre de réponses l’a convaincue qu’il y avait là un réel besoin. C’est ainsi qu’est né, en 2011, Ladies Learning Code (LLC), un organisme aujourd’hui présent partout au pays : il existe une antenne de LLC dans 29 villes canadiennes, dont Québec et Montréal. Plus de 25 000 femmes ont déjà bénéficié de son enseignement. Une bonne partie du cursus est traduite en français et les sites montréalais et québécois devraient être offerts dans cette langue cet automne.

Depuis l’ouverture des regroupements de Montréal (2013) et de Québec (2015), une cinquantaine d’ateliers ont été donnés dans ces deux villes par plus de 350 mentors à plus d’un millier de participantes.

L’ordinateur, d’abord « destiné » aux garçons

Qui a dit que les femmes détestaient l’informatique? « C’est un mythe », estime Cassie Rhéaume, mentore et porte-parole du regroupement montréalais. Comment expliquer, alors, que si peu d’entre elles choisissent des carrières liées à l’informatique et au numérique? « Ce déficit s’explique bien plus par des raisons historiques que par un manque d’intérêt de la part des femmes », poursuit la jeune programmeuse à l’agence de publicité Cossette.

« On a souvent l’impression que la programmation, c’est ennuyeux. Or, c’est l’inverse : il s’agit de quelque chose de très créatif. Il y a de la résolution de problèmes, des énigmes. C’est un travail d’équipe passionnant qui ravit nos participantes. »

Cassie Rhéaume, mentore et porte-parole du regroupement montréalais Ladies Learning Code et programmeuse à l’agence de publicité Cossette

Elle rappelle que dans les années 1980, quand l’ordinateur personnel a fait son entrée dans les foyers, il a d’abord été commercialisé comme un jouet pour les garçons et un outil de travail pour les hommes. Il s’est donc retrouvé dans la chambre des fils et le bureau des papas. Résultat : les filles arrivaient à l’université sans avoir jamais touché à un ordinateur. « Le fossé s’est creusé, mais à la base, c’est le marketing qui a créé le stéréotype », insiste Cassie Rhéaume. Selon elle, rien d’autre ne peut justifier une telle disparité hommes-femmes.

Un savoir précieux et créatif

« Il est temps de rendre à Cléopâtre ce qui appartient à Cléopâtre », poursuit-elle. C’est précisément ce que vise LLC en promouvant l’importance, pour les femmes et les jeunes filles, de maîtriser ce savoir de plus en plus indispensable dans notre monde moderne. « C’est une corde précieuse à avoir à son arc, car c’est un savoir recherché et rare. Nous vivons dans une société du numérique et pourtant, l’analphabétisme numérique est très répandu. »

La clientèle de LLC est on ne peut plus diversifiée : femmes en reconversion de carrière, jeunes blogueuses, traductrices voulant bâtir leur propre site Web, « youtubeuses » venant chercher les rudiments techniques pour transmettre leur message, femmes qui souhaitent mieux utiliser Internet ou les réseaux sociaux au quotidien… La plupart n’ont pas ou peu de notions d’informatique – les ateliers n’en nécessitent pas, même si certains donnent des outils un peu plus avancés et que le cursus respecte une progression.

Au cours d’un des ateliers, les participantes créent ou modifient un site Web pour apprendre à le personnaliser selon leurs besoins. « On a souvent l’impression que la programmation, c’est ennuyeux. Or, c’est l’inverse : il s’agit de quelque chose de très créatif. Il y a de la résolution de problèmes, des énigmes. C’est un travail d’équipe passionnant qui ravit nos participantes, affirme Cassie Rhéaume, qui a d’abord été gestionnaire de communauté avant de s’attaquer à la programmation. C’est communautaire, ça donne du pouvoir et, surtout, c’est beaucoup plus facile à maîtriser qu’on pense. »

Le 24 septembre, à l’occasion de la Journée nationale d’initiation à la programmation, les ateliers ont été donnés en simultané dans les 29 villes canadiennes (vive la technologie!). Les participantes ont appris à créer un jeu vidéo, une histoire interactive ou un questionnaire lié à une cause, tout en acquérant des compétences essentielles en programmation.

Qu'en pensez-vous?

1 Réaction

  1. Chantal Bélanger

    Je fais partie de cette première génération d’universitaires en informatique des années 1970. À l’époque, nous étions presque autant de femmes que d’hommes. J’ai enseigné l’informatique au cégep durant plus de 25 ans, et j’ai constaté au fil des ans la lente diminution de la proportion de femmes dans mes classes, elles qui étaient pourtant si douées pour cette profession, qui exige logique, minutie et créativité. Les taux d’échec et d’abandon étaient élevés chez les hommes, qui croyaient qu’ils allaient jouer à longueur de journée, alors que les taux d’inscription diminuaient chez les femmes, qui ne se sentaient pas interpellées par les jeux. Il y a actuellement pénurie de programmeur(e)s sur le marché à cause de cette fausse perception.

    Votre numéro m’a particulièrement intéressée, à cet égard.

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