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Trois femmes noires à la conquête de espace.

Idée de sortie : Hidden Figures

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Entrée dans l’univers des communications et de l’édition par la porte de la révision linguistique, elle révise les articles de la Gazette des femmes depuis plus de 10 ans, en plus d'y écrire de temps à autre. On peut aussi la lire dans Elle Québec, quand elle n'est pas trop occupée à corriger des romans.

Film à voir pour la leçon d’histoire et l’hommage rendu aux oubliées, Hidden Figures (Les figures de l’ombre) lève le voile sur l’apport de trois scientifiques afro-américaines à la conquête de l’espace dans les années 1960.

L’histoire n’a pas retenu leurs noms, mais après avoir vu ce film de Theodore Melfi, basé sur une histoire vraie (et sur le livre éponyme de Margot Lee Shetterly), gageons que vous vous souviendrez de ces trois pros des chiffres et des sciences qui ont contribué à envoyer des hommes blancs dans l’espace, dont le célèbre John Glenn. Le tout à une époque où la fierté américaine était fortement égratignée, alors que le Russe Youri Gagarine venait de visiter les étoiles.

Dans une Virginie ségrégationniste, les trois amies et collègues mathématiciennes Katherine Goble Johnson (Taraji P. Henson), Dorothy Vaughan (Octavia Spencer) et Mary Jackson (Janelle Monáe) en ont bavé au sein de la NASA avant que la pleine mesure de leur talent soit reconnue. Injustices et frustrations constituaient leur pain quotidien, surtout qu’elles devaient composer avec une double discrimination : celle envers les femmes, et celle envers les Noirs, toutes deux encore puissantes à cette époque. D’abord membres de l’équipe des calculatrices, elles ont chacune gravi d’importants échelons, non sans avoir enjambé plusieurs obstacles.

On s’indigne, mais on rit aussi

Nombreuses sont les scènes qui nous arrachent des exclamations outrées. Pensons seulement au moment où Katherine Goble, au lendemain de son admission dans l’équipe sélecte de mathématiciens chargés de calculer les trajectoires du programme Mercury, voit apparaître une cafetière à son intention, étiquetée du mot COLORED, à côté de celle que se partagent ses collègues blancs (et masculins).

Les revers qu’essuie Dorothy Vaughan pour être reconnue (et payée) comme superviseuse des calculatrices, alors qu’elle effectue déjà ce travail officieusement, nous remuent aussi. On se réjouit lorsque cette brillante fonceuse s’attaque au langage de programmation Fortran et dompte l’imposante bête qui cause des maux de tête aux informaticiens de la NASA : le nouvel ordinateur IBM, qui n’entrerait pas dans votre salon. Quant à la bataille que doit livrer Mary Jackson afin de suivre les cours qui lui permettraient (peut-être) de devenir ingénieure, offerts dans une école réservée aux Blancs, elle nous choque en même temps qu’elle suscite notre admiration.

Si le film ne révolutionne rien dans sa forme, il a le mérite de nous montrer une page d’histoire peu reluisante sans tomber dans le pathos – il le fait même avec une bonne dose d’humour. Modèles de persévérance et de courage, ces trois femmes font plaisir à voir avancer. Chacune d’elles a d’ailleurs cumulé les premières (première étudiante afro-américaine à l’Université de Virginie-Occidentale, première femme noire ingénieure de la NASA, etc.).

Si vous comptez des jeunes dans votre entourage, filles ou garçons, voilà une belle façon de leur faire découvrir concrètement les quelques avancées que la société a effectuées en 50 ans, malgré ce qui reste à améliorer.

À l’affiche dans plusieurs cinémas

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