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Les footballeuses en plein jeu.

Footballeuses d’élite cherchent visibilité

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Entrée dans l’univers des communications et de l’édition par la porte de la révision linguistique, elle révise les articles de la Gazette des femmes depuis plus de 10 ans, en plus d'y écrire de temps à autre. On peut aussi la lire dans Elle Québec, quand elle n'est pas trop occupée à corriger des romans.

Plusieurs de leurs soirées se déroulent au rythme de bottés de placement, de touchés et de plaquages vigoureux. D’avril à juin, elles affrontent des équipes américaines, au sein d’une ligue où les femmes jouent du football pur jus. Avec contacts, donc. Malgré leurs écrasantes victoires, les filles du Blitz de Montréal peinent à rallier les médias, les spectateurs et… les sous.

Certaines sont étudiantes, d’autres mères de famille. Policières, enseignantes, inhalothérapeute. La plupart ont la jeune vingtaine, la plus âgée est nouvellement quadragénaire. Deux soirs par semaine, la trentaine de joueuses du Blitz de Montréal se retrouvent sur le terrain de l’école secondaire Dalbé-Viau, à Lachine, pour un entraînement de football – quelques-unes se tapant plusieurs heures de route, car elles habitent aussi loin qu’à Valleyfield, Mascouche ou Lachute. Quatre fois durant la saison régulière, les filles filent vers les États-Unis pour affronter des équipes de New York ou de Washington, qui font partie, comme le Blitz, de l’Independent Women’s Football League. Elles les reçoivent aussi à domicile. En juillet, elles prennent part aux séries éliminatoires. Et cette année, elles s’envoleront vers Regina du 28 au 31 juillet pour défendre leur titre de championnes canadiennes.

Photographie de Manon Migner.

« Peu de gens savent qu’on existe. Et comme on a peu de fonds, on ne peut pas faire de pub, donc on ne peut pas recruter, ni attirer de plus grandes foules… »

Manon Migner, directrice générale du Blitz de Montréal

Le Blitz est la seule équipe féminine de football avec contacts de niveau élite au Québec. Comme ses adversaires canadiennes potentielles se trouvent dans l’Ouest et les Maritimes, le Blitz fait partie d’une ligue américaine, ce qui raccourcit ses déplacements. Ses joueuses sont des passionnées, heureuses d’avoir trouvé le moyen de pratiquer le sport qui les fait vibrer.

« Un peu partout au Québec, des jeunes filles jouent au football avec des garçons, mais quand elles arrivent au secondaire ou au collégial, c’est pratiquement impossible pour elles d’avoir une place dans une équipe de gars, ne serait-ce que pour des raisons de force physique et de stature, explique la directrice générale du Blitz, Manon Migner. Comme il n’y a pas de ligue féminine dans la province, elles se tournent vers le flag football ou le rugby, ou laissent tomber le sport. La plupart ne connaissent pas le Blitz. » Pourtant, l’équipe a été fondée il y a près de 15 ans.

C’est le plus grand défi auquel est confronté le Blitz : la visibilité. Peu de médias couvrent ses matchs, hormis Métro et une poignée de journaux locaux. De 150 à 200 spectateurs viennent l’encourager, ce qui n’est pas si mal. Mais ça pourrait être mieux. « Peu de gens savent qu’on existe. Et comme on a peu de fonds, on ne peut pas faire de pub, donc on ne peut pas recruter, ni attirer de plus grandes foules… » s’attriste Mme Migner.

Pourtant, le jeu des filles du Blitz est relevé. « Quand elles disent aux gens qu’elles jouent au football, elles se font souvent demander si c’est dans la ligue lingerie. Il n’y a pas pire insulte pour elles! raconte la DG. Elles jouent avec force. Plus petites que les autres filles de la ligue, elles sont reconnues comme étant très rapides. Il y a beaucoup de tactique et d’agilité dans leur jeu, et autant de contacts que dans un match de football masculin. Leur détermination est impressionnante! »

Vu la difficulté à trouver du financement, il en faut, de la détermination, surtout hors du terrain. Les joueuses assument toutes leurs dépenses, de l’équipement jusqu’aux repas. Lave-autos, soirées de poker : elles multiplient aussi les activités de financement, notamment pour payer leur voyage aux championnats canadiens de Regina, fin juillet. Ce serait dommage qu’elles manquent ça, non?

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