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Dans leur excellente vidéo, Le sida au féminin, les réalisatrices Lise Bonenfant et Marie Fortin montrent justement ce qu’il advient de la vie après l’irruption du VIH. La mort, bien sûr, rôde. Judith, 33 ans, parle de l’ombre qui avance sur le soleil et de celui à qui elle aura tout donné, beauté jeunesse, amour, jusqu’à sa vie, de cet homme – bisexuel – que la mort, déjà, a emporté.

Mais il y a aussi Chantal – la Chantal du début de l’article – qui tournoie dans la lumière, avec sa fille dans les bras.

Et Christiane. Sous la mousseline à pois, la femme d’affaires se raconte d’une voix enjouée. Elle a pris le virus à l’étranger, puis, pendant des mois, a attendu la mort. Elle a tout laissé tomber, dépensé à fond de train, surchargé ses cartes de crédit; avisée, elle est même allée jusqu’à racheter sa police d’assurance-vie. Autant en profiter dès maintenant, n’est-ce pas? Un matin, elle s’est réveillée: « Qu’est-ce que je fais encore ici, moi? » Il lui a fallu repartir à zéro. Tant qu’à vivre… Puis a surgi ce « beau bonhomme » qu’elle évoque avec tendresse.

On n’en revient pas. Quoi? Tomber amoureuse avec un virus comme celui-là dans le sang? Ça alors!

Il faut dire que Christiane avait d’abord exclu la chose comme la majorité des personnes atteintes, semble-t-il. « Leur réaction est très souvent de renoncer à toute vie sexuelle. Elles refusent toute forme d’affection: de se faire serrer, caresser, embrasser. Les femmes se privent encore plus que les hommes », déplore Diane Carbonneau.

Très souvent, les couples explosent sous le choc de la nouvelle. Mais ceux qui survivent peuvent trouver le moyen de vivre une sexualité satisfaisante, avec condom ou… sans pénétration. Certains vont même jusqu’à dire que la qualité de leurs relations s’est améliorée.

D’autres « refont leur vie ». « Je pense, dit une infirmière, que j’aurais moins peur de faire l’amour avec un homme porteur du virus – en prenant bien sûr toutes les précautions d’usage – que de coucher sans protection avec un inconnu. »

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Où sont les risques?

Les spécialistes classent les pratiques sexuelles en trois catégories.

A risque élevé: toute pénétration sans condom. En raison de la fragilité des tissus de l’anus, la relation anale augmente le danger de contamination. Il semble aussi que les rapports pendant les menstruations présentent plus de risques. Un détail: les douches vaginales ne sont d’aucun secours, elles affaiblissent plutôt les défenses naturelles du vagin.

A risque réduit: la relation orale-génitale. En cas d’éjaculation, on recommande toutefois de cracher le sperme, de se rincer la bouche, mais d’éviter de se brosser les dents, ce qui pourrait causer des lésions à la gencive.

Sans risque: les caresses, étreintes, massages, la masturbation mutuelle et les baisers. Avec ou sans échange de salive: même si le virus s’y retrouve en petite quantité rien ne prouve que la salive puisse le transmettre.

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