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Femme lisant un livre dans une librairie.

L’Euguélionne : une librairie féministe à Montréal

par 

Étudiante en littérature au Cégep Garneau. Elle entreprendra sous peu des études universitaires dans le domaine des lettres et souhaite allier sa passion pour l’écriture à son grand intérêt pour la cause féministe.

Une librairie féministe ouvrira ses portes dans le quartier Centre-Sud de Montréal dès l’automne, une première depuis la fermeture, en 2002, de la dernière librairie spécialisée de ce genre dans la métropole.

Photographie de l'équipe.
© Audréane Beaucage

De gauche à droite : Stéphanie Dufresne, Marie-Ève Blais, Karine Rosso, Sandrine Bourget-Lapointe, Camille Toffoli et Nicolas Longtin-Martel.

L’Euguélionne, librairie féministe est le projet fou d’un collectif montréalais qui s’active sans relâche depuis plusieurs mois. Son but : offrir des livres et des activités féministes dans un lieu accessible, inclusif et accueillant où il fera bon se retrouver, bouquiner, s’éduquer et échanger. Écrits de femmes et œuvres féministes, toutes écoles de pensée confondues, seront donc à l’honneur : ouvrages théoriques d’études féministes, œuvres de fiction, nouveautés littéraires, livres jeunesse non genrés, bandes dessinées, zines et revues, tant neufs que d’occasion. L’endroit proposera également des bouquins sur les enjeux postcoloniaux, de genre, LGBTQ+ *, etc.

Il ne s’agit pas de la première tentative d’implanter une librairie féministe au Québec. Dans les années 1970 notamment, la Librairie des femmes de la rue Rachel, à Montréal, était le centre névralgique et effervescent de la militance féministe. Même si ces commerces ont attiré les communautés de femmes à leur époque, ces brèches dans le milieu du livre ont été de courte durée. Les dissensions entre les courants de pensée féministes, la hausse du prix des livres et des loyers et peut-être aussi le recul de l’intérêt pour le féminisme lors des années 1990 ont eu raison des projets, même les plus solides.

L’équipe de L’Euguélionne (qui tire son nom du roman de science-fiction de l’auteure québécoise Louky Bersianik, véritable bible du féminisme radical) est consciente de s’inscrire dans une lignée de passionnées qui ont tenté de faire connaître le féminisme et de valoriser les écrits de femmes dans le milieu littéraire québécois. C’est pourquoi le collectif a rencontré plusieurs actrices qui gravitaient (ou gravitent encore) autour de cette communauté restreinte certes, mais bien vivante. L’expérience et le savoir de l’équipe des Éditions du remue-ménage, ainsi que de Claire Aubin, ancienne propriétaire de la Librairie L’Euguélionne, première du nom, qui avait pignon sur rue à Laval, ont été mis à profit dans la réalisation du projet. Le groupe a aussi tissé des liens outre-mer avec une des propriétaires de la librairie féministe parisienne Violette and Co.

Photographie de Camille Toffoli et Sandrine Bourget-Lapointe.
© Andréane Frenette-Vallières

Pour les membres du collectif Camille Toffoli et Sandrine Bourget-Lapointe, étudiantes au 2e cycle en études littéraires à l’UQAM, se créer un emploi dans un secteur où les femmes sont sous-représentées et fonctionner en autogestion (basée sur l’égalité décisionnelle entre les membres) est une prise de position féministe en soi.

C’est la libraire Marie-Ève Blais qui a lancé l’appel pour constituer le collectif, au printemps 2015. Elle avait noté un besoin en matière de féminisme dans le paysage des librairies québécoises. Depuis la fermeture en 2002 de L’Androgyne, librairie spécialisée dans les enjeux gais et lesbiens à Montréal, un vide ne demandait qu’à être comblé. Pour l’équipe de L’Euguélionne, il ne s’agit pas d’un simple projet de commerce : l’entreprise constitue en elle-même une prise de position politique féministe, un féminisme qui se veut pluriel et ouvert à toutes les écoles de pensée.

La librairie fonctionnera sur le mode de la coopérative de solidarité, ce qui implique une gestion collective et participative. Cette formule permettra entre autres d’intégrer un aspect réflexif et autocritique, particulièrement sur le travail des femmes et l’inclusion, tout en assurant un milieu de travail convivial, égalitaire et respectueux du personnel. Pour financer ce projet d’envergure, le collectif fera appel, entre autres, au financement participatif et lancera sous peu une importante campagne pour trouver des appuis financiers.

Pour les membres du collectif Camille Toffoli et Sandrine Bourget-Lapointe, étudiantes au 2e cycle en études littéraires à l’UQAM, se créer un emploi dans un secteur où les femmes sont sous-représentées et fonctionner en autogestion (basée sur l’égalité décisionnelle entre les membres) est une prise de position féministe en soi. Si le marché est actuellement en difficulté, elles assurent que leur but n’est pas d’entrer en compétition avec les autres librairies montréalaises. En tant que librairie spécialisée, L’Euguélionne remplira un mandat différent.

Ouverture prévue : cet automne.

  • * Lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres ou transsexuels, queer ou en questionnement, et plus

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4 Réactions

  1. Natalie Boivin cocke

    J’ai bien connu Louky, entre 79 et 84, j’ai eu un restaurant rue Panet à Montréal, j’organisais
    des rencontres pour les femmes avec lecture et Louky y venait lire ses textes, il y a eu aussi une soirée spéciale à la Casanous où j’avais moi-même lu quelques-uns de ses textes,
    c’est formidable que vous lui rendiez hommage avec votre librairie féministe, elle a fait beaucoup de choses pour aider les femmes à s’émanciper, on lui doit beaucoup, Merci à vous.
    Natalie Boivin Cocke

  2. Natalie Boivin Cocke

    Primordial d’avoir un lieu de diffusion de littérature féminine et féministe. Êtes-vous intéressées à recevoir une trentaine de livres, usagés mais en très bon état, d’écrivaines?
    Je pourrais vous les déposer si vous me préciser à quelle adresse.
    Natalie Boivin Cocke, tél: 450-679-89 98

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