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Photographie de Stéphanie des Soeurs Boulay.

Depuis leur enfance, la musique coule dans les veines des sœurs Boulay. En 2012, elles remportent la 16e édition des Francouvertes, le concours de la relève francophone issue de tous les genres musicaux. Leur carrière est alors lancée et elles obtiennent le succès critique et public dès la sortie de leur premier album Le poids des confettis, en 2013. Stéphanie, l’une des sœurs Boulay, a accepté de répondre avec cœur et sincérité à nos 5 questions sur l’égalité

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Un geste égalitaire que vous avez posé ou une parole antisexiste que vous avez dite et dont vous êtes fière?

Photographie de Stéphanie Boulay.

À tous les jours de ma vie, je m’assure de me respecter en tant que femme et de ne jamais être traitée de façon non égalitaire par un garçon. J’ai décidé toute jeune que je ne vivrais jamais aux dépens d’un homme et que j’allais être forte et autonome. Être une femme dans un métier autrefois réservé principalement aux hommes, tenir une guitare sur une scène, parler de choses crues, gênantes, vraies, et ne pas me censurer.


Quand j’entends [insérez ici un préjugé sur les femmes], les veines me sortent du cou!

Quand j’entends une femme dire, en parlant de son homme, « il est gentil, il a fait mon ménage », les veines me sortent du cou!


Le gros cliché gars-fille (à la maison, au travail, quand vous étiez enfant…) qui vous tombe le plus sur les nerfs?

Chez nous, lors des réunions familiales telles que les soupers de Noël, la dynamique, c’est : les femmes à la cuisine, les hommes au salon. Toutes les femmes mettent la main à la pâte, s’entraident, servent des drinks aux hommes, qui, eux, parlent de leur journée, de leur job, font des jokes, s’amusent, se détendent. Une fois que tout le monde a bien mangé, les hommes retournent s’asseoir au salon pendant que les femmes débarrassent et lavent. Une fois, ma sœur, choquée par la situation, a dit pendant le repas qu’elle avait hâte de voir les gars faire la vaisselle pour remercier les femmes d’avoir autant travaillé pour préparer le repas pour tous. Tout le monde a ri et la soirée s’est terminée de la même façon que d’habitude. Ça me rend hors de moi.


S’il y avait un prix de la publicité la plus sexiste à attribuer, à qui ou à quoi le décerneriez-vous?

Je me souviens d’une publicité où il y avait une femme (Mahée Paiement) et des hommes installés dans un canot, à la pêche, et la femme n’arrêtait pas de chialer sur tout, ce qui exaspérait les hommes. Je ne me rappelle même plus ce que ça annonçait, j’ai juste pété ma coche.


La personne qui, dans votre vie, a le plus influencé votre vision de l’égalité femmes-hommes?

Pour moi, il n’y a rien eu de mieux qu’un contre-exemple pour forger mon côté féministe. De voir mes parents installés dans une dynamique où les stéréotypes de genre étaient très forts, de sentir l’injustice et l’inégalité, déjà toute jeune, et de me dire que je ferais tout pour ne pas reproduire ces clichés dans ma vie.

Qu'en pensez-vous?

4 Réactions

  1. Sylviane Baylard

    Je pense exactement la même chose que Stéphanie; ma mère gâtait mon père, ça m’exaspérait, et plus tard, je me suis assurée que mon compagnon pouvait cuisiner, entretenir une maison, et s’occuper des enfants, car moi aussi, j’avais une carrière. Changer les choses, c’est s’assurer que nos garçons sont « aussi égaux » dans la maison, que nos filles le sont sur le marché du travail. Bien sûr, dans l’égalité homme-femme, nous avons fait des pas de géant. Mais ce n’est qu’une facette des relations humaines. Maintenant nous avons affaire à une « guerre sale ». Quand on perd du terrain sur un front, on contrattaque sur un autre.
    Le vrai défi, à l’heure actuelle, c’est la sur-sexualisation de la société. C’est la transformation de tout ce qui est féminin en « objet sexuel », et ça commence très jeune. On encourage les petites filles à être « sexy ». Les adolescentes sont « rejets » si elles ne sont pas assez « sexy ». Les vedettes de rap les traitent de « bitch » et elles en redemandent. Elles sont appâtées par un monde de fashion, de glamour et de « bling ».
    C’est insidieux et présent à tous les nivaux de la société, dans le monde entier, et sous toutes les formes imaginables. L’exploitation du corps de la femme est « payant ». Nous avons besoin de lois sévères (et des moyens de les faire respecter), qu’il s’agisse des paroles d’une chanson, d’un clip vidéo, d’une pub, d’un « haut placé » qui viole une employée ou une collègue sans conséquences, qui se paye des mineures, ou bien de la traite des femmes. C’est un problème philosophique qui implique notre relation avec « l’argent » qui peut « tout acheter », c’est une lutte qui est loin d’être finie et que nous allons devoir résoudre ensemble avec les hommes, à coup « d’éducation ». Nous ne sommes pas égaux tant que l’un peut acheter l’autre.

  2. Lilice Van

    aucune femme ne vient au monde féministe, ce n’est d’ailleurs le but de personne, on le devient tout simplement en constatant toutes les aberrances, toutes les injustices…..

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