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Gazette des femmes, Vol. 12, no 2, juill.-août 1990, p. 18-22

Ces dix dernières années, les agricultrices québécoises ont fait des pas de géante, comme pour faire oublier qu’avant, elles ne savaient même pas qu’elles exerçaient un métier.

« Aujourd’hui, quand je vois le nom de la femme écrit sur un silo ou sur une pancarte, je me dis: C’est bien. Je suis contente pour elle… »

Assise, calme et souriante, à la table de sa cuisine ensoleillée, Marie-Claire Perreault, une agricultrice dans la cinquantaine, parle sans amertume. Dans quelques mois, Marie-Claire et son mari Roma céderont leur ferme laitière à un de leurs fils et à sa jeune femme qui l’exploiteront en société.

En trente ans d’agriculture, elle en a vu des changements, Mme Perreault. La petite ferme d’autosuffisance où elle s’est installée, jeune mariée, vers 1950, est devenue la plus grosse entreprise de production laitière des environs : 347 000 litres de lait l’an dernier. Disparus les gros bidons d’aluminium qu’elle lavait un à un dans la laiterie; finies les crampes aux mains: les trayeuses automatiques et les réservoirs en acier inoxydable ont pris le relais. Marie-Claire Perreault a vu les quotas de lait apparaître dans ses livres de comptes, les produits chimiques dans les champs, la machinerie et l’électronique remplacer les chevaux et l’huile de coude.

Mais le plus gros changement dont elle a été témoin – le meilleur aussi, à son avis – s’est produit il y a une dizaine d’années quand les agricultrices se sont mises à sortir de l’ombre et à réclamer leurs droits. « Les femmes du Québec ont toujours participé pour leur moitié dans les fermes, explique Mme Perreault. Il fallait que ce soit reconnu. Il était temps que quelqu’un parle pour nous. »

« Madame, vous n’avez rien »

Juin 1975. Au beau milieu de l’Année internationale de la femme, l’affaire Murdoch éclate. Mariée à un agriculteur de l’Ontario, Mme Murdoch réclame au moment de son divorce une part de la ferme où elle a travaillé activement pendant vingt ans. La Cour suprême refuse, décrétant que Mme Murdoch « n’a fait que son devoir de femme de fermier ». Dans les cercles de l’Association féminine d’éducation et d’action sociale (AFEAS), un organisme bien implanté dans le milieu rural, c’est le choc. L’AFEAS entreprend une étude sur « la femme collaboratrice de son mari dans une entreprise à but lucratif ».

« A l’époque, explique Raymonde Chartrand, l’énergique présidente de la Fédération des agricultrices du Québec (FAQ), la plupart des agricultrices n’avaient même pas conscience d’exercer un métier. Elles faisaient le train, allaient aux champs, s’occupaient des animaux, des achats, de la comptabilité, du personnel, de la vente. Mais quand on leur demandait ce qu’elles faisaient, elles répondaient qu’elles « aidaient leur mari ».

Peu à peu cependant, les femmes d’agriculteurs ont pris conscience de la valeur professionnelle de leur travail. Elles ont compris aussi que, malgré le temps et l’argent investis dans l’entreprise, malgré leur expérience et leurs connaissances, elles n’ont acquis aucune sécurité financière, surtout si elles sont mariées en séparation de biens. Dans la plupart des cas, tout, de l’auto aux bâtiments en passant par la machinerie, le bétail et le fonds de terre, appartenait au mari. Comme elles ne recevaient pas de salaire, elles n’avaient pas droit non plus aux mesures de sécurité sociale que l’État consent aux autres travailleuses.

Et Dieu sait qu’elles travaillent! D’une étoile à l’autre, sans vacances ni répit, car en plus des travaux de la ferme, il y a aussi le travail de la maison, les grands ménages de printemps et d’automne, les couches des plus petits, les devoirs des plus grands. Des montagnes de linge à laver – celui de la famille et celui des hommes engagés – et trois repas par jour, sept jours par semaine.

« C’est à ce moment-là, explique Lise Sarrazin, une des pionnières du mouvement, que les femmes ont commencé à prendre conscience qu’elles avaient des besoins précis sur lesquels le syndicalisme agricole ne s’était jamais penché. Et que si elles voulaient faire avancer leur cause et se prononcer elles aussi sur l’avenir de l’agriculture, elles devaient aller chercher le pouvoir là où il se trouvait – et où les femmes n’étaient pas – à L’Union des producteurs agricoles. »

Un pied dans la porte

En 1984, au terme d’une lutte épique avec l’establishment agricole, quatorze femmes représentant les agricultrices du Québec sont accueillies au quartier général de l’UPA. Tout reste encore à faire, mais les femmes disposent désormais d’un organe de pression et d’information: le Comité provisoire provincial des femmes en agriculture, qui deviendra en 1987 la Fédération des agricultrices du Québec. Les agricultrices avaient mis un pied dans la porte: en quelques années, les changements seront fulgurants.

Grâce à des mesures comme le droit à la prime à l’établissement, le quart des agricultrices (7509 selon les données les plus récentes) possèdent aujourd’hui des titres de propriété dans l’entreprise où elles travaillent. On commence à les voir siéger au conseil d’administration des syndicats de l’UPA, des fédérations spécialisées, des coopératives agro-alimentaires. Étudier dans les instituts agricoles. Labourer, semer, faucher. Discuter de mise en marché, de libre-échange et des accords du GATT. On voit même, chose impensable il n’y a pas cinq ans, des parents transférer la ferme à leur fille.

Ouvrez n’importe quelle publication agricole: vous verrez des femmes photographiées à côté de leur conjoint expliquer ce qui a fait le succès de leur entreprise. Vous lirez des articles sur la qualité de vie, le respect de l’environnement, la garde des enfants et l’accès à la propriété pour les femmes de plus de 40 ans. Même la publicité s’est mise au diapason: dans les pages publicitaires des fabricants de machinerie agricole, il n’est pas rare de voir des agricultrices en vêtements de travail.

Le défi du couple

Louiselle Berthiaume, 26 ans, fait partie de cette nouvelle génération d’agricultrices qui a émergé dans les années 80. Mariée depuis cinq ans, mère de deux fillettes de 2 et 3 ans, cette petite Beauceronne au regard vif exploite avec son mari Gaétan Brassard la Ferme Galord, dans les Laurentides.

Louiselle n’avait jamais entendu parler du mouvement des agricultrices lorsqu’elle négocia sa participation dans l’entreprise. Mais elle savait ce qu’elle voulait. « Je ne voulais pas être seulement une collaboratrice. Avant qu’on se marie, j’ai dit à Gaétan: « Si je travaille avec toi, il va falloir que tu me donnes de quoi, sinon je vais aller travailler à l’extérieur. » Je savais à quoi m’attendre: j’ai été élevée sur une ferme. Si je travaille cinquante, soixante heures par semaine, je veux avoir de quoi au bout de la ligne. Je trouvais ça normal. »

Deux ans après son mariage, lorsque ses beaux-parents prirent leur retraite, Louiselle devint sociétaire de la ferme familiale.

Évidemment, le partage du pouvoir n’est pas toujours aussi simple, surtout dans les couples qui ont derrière eux des années de vie commune. « Certaines femmes ne viennent jamais aux réunions d’agricultrices parce que ça fait de la chicane dans le couple, raconte Louiselle Berthiaume. Leur mari leur dit: « C’est ça! Tu veux divorcer! » Juste à cause d’une réunion entre femmes, tu te rends compte? Alors imagine si elles osaient demander une part dans l’entreprise! »

Comme l’écrivent les auteures d’une recherche sur la qualité de vie des agricultrices, « toute revendication féminine pour acquérir des parts dans l’entreprise agricole et obtenir une certaine sécurité financière est facilement exagérée (toutes les femmes ne demandent pas la moitié des parts, surtout lorsque le conjoint a hérité de la ferme de ses parents) et interprétée apparemment comme une volonté de divorcer 1 ».

« Les hommes qui pensent comme ça ne se rendent pas compte de ce qu’ils perdent, commente Diane Raymond, une serricultrice de Saint-Jovite. Par crainte d’avoir moins d’argent – parce qu’au fond, c’est rien qu’une question d’argent – , ils mettent leur couple et leur entreprise en péril. C’est évident qu’une femme qui s’associe avec son mari est beaucoup plus motivée. L’entreprise devient vraiment un projet commun: ça crée beaucoup de complicité dans un couple même si ce n’est pas toujours facile à vivre! »

Tout un défi, la vie de couple, quand on est en agriculture. « Toi, si tu te chicanes avec ton chum, un soir, ca ne t’empêche pas de travailler au bureau le lendemain, lance Martine, une productrice de lait de la Montérégie. Mais moi, à 5 heures du matin, je suis dans l’étable avec lui! L’amour et les affaires mêlés ensemble vingt-quatre heures par jour, c’est un contrat! On n’a pas le choix, il faut apprendre à régler nos problèmes au fur et à mesure, sinon le diable est aux vaches, c’est le cas de le dire. »

Leadership, « gestion des conflits », prise de décision: depuis quelques années, les cours de communications pullulent dans le monde agricole québécois. Danielle Brault, agronome au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, y voit l’influence directe des femmes. Je pense que les femmes sont plus conscientes de l’importance des relations humaines dans une entreprise. Elles participent beaucoup aux activités de formation, s’organisent pour avoir des cours. Leurs préoccupations commencent même à changer les façons de faire. Elles ont été les premières à se soucier de la qualité de vie, de santé et de sécurité, de protection de l’environnement, d’agriculture biologique.

Stress: à la campagne aussi

La qualité de vie, les syndicats d’agricultrices en ont fait leur cheval de bataille. Car contrairement à l’image bucolique qu’on peut en avoir quand on habite en ville, la vie agricole est loin d’être exempte de stress.

« On n’est pas à l’abri des dépressions, des burn-out, du surmenage, admet Marie-Claire Perreault. L’agriculture, c’est beaucoup d’énervement, l’été surtout. Tu es à la merci de la température, des bris mécaniques, des maladies des animaux. Il y a deux ans, par exemple, un virus a attaqué notre troupeau. Le vétérinaire était ici tous les matins, il a fallu jeter le lait pendant quinze jours. Ça nous a coûté cher. Des claques comme ça, c’est dur pour les nerfs. »

La santé et la sécurité des leurs représentent aussi une source constante d’inquiétude pour les agricultrices. L’usage des herbicides, insecticides et autres produits toxiques, la présence de machinerie bruyante, les fosses à purin, les gaz toxiques contenus dans les silos, la proximité des animaux sont autant de dangers dont les agricultrices doivent tenir compte, surtout lorsqu’elles ont de jeunes enfants.

« Quand les touristes viennent acheter du maïs, raconte Louiselle Berthiaume, il y en a souvent qui me disent: « Ça doit donc être facile d’élever des enfants ici! » Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’il faut les surveiller tout le temps. Moi, j’ai la rivière juste en arrière, le chemin en face, l’étable à côté. Tu ne sais jamais quand la faucheuse va passer et qu’une des petites va se mettre dans son chemin. Si tu fais de l’ensilage, il faut que tu guettes les petites pour ne pas qu’elles se retrouvent dans le souffleur 2. Un coup de sabot d’une vache, ça ne pardonne pas. Le danger, il est partout ici, partout! »

Enfants: le système D

A la ville comme à la campagne, les femmes font face au problème épineux de la garde des enfants. Dans le milieu agricole, la question se complique du fait des horaires et des périodes de pointe. Quelle gardienne acceptera de commencer à 5 heures du matin ou de faire des journées de douze heures dans le temps des foins?

Les garderies? « J’ai inscrit mes deux enfants quand une garderie s’est ouverte au village, raconte Diane Raymond, serricultrice spécialisée dans la production de fleurs annuelles. Mais le transport était compliqué, surtout en mai et en juin, pendant le gros « rush ». Tu te dépêches pour faire tes livraisons, tu te dépêches pour ne pas arriver en retard à la garderie et payer l’amende. Tu arrives à la maison: les petits sont affamés, toi tu es crevée, puis la cour est encore pleine de clients… »

En attendant les solutions, c’est le système D qui prime. Marie-Claire Perreault se souvient: « Le matin, pendant le train, c’était la navette continuelle entre l’étable et la maison pour écouter si les enfants pleuraient. Après leur réveil, je les amenais à l’étable dans une boîte ou un traîneau que je plaçais dans un coin pour pouvoir les surveiller. »

Et aujourd’hui? « Ça n’a pas changé beaucoup, admet Louiselle Berthiaume. Sauf que maintenant, on a des interphones entre la chambre des enfants et l’étable… »

Ce qui n’a pas changé non plus, c’est la double tâche. Comme leurs consoeurs de la ville, les agricultrices ont encore la responsabilité quasi entière des tâches domestiques, ce qui multiplie leurs heures de travail et réduit le temps qu’elles consacrent à l’entreprise. La solution proposée par la FAQ : une agence de main-d’oeuvre domestique et agricole à laquelle les agricultrices pourraient faire appel au besoin. Mais le dossier semble dans une impasse. Par les temps qui courent, la garde des enfants n’est pas précisément une priorité gouvernementale.

Un syndicat pas comme les autres

Malgré les pas de géant des dernières années, les agricultrices ont encore du chemin à faire avant d’accéder à cette égalité que la plupart d’entre elles doivent négocier dans la sphère étanche des relations de couple. Une fois passée l’exaltation des premières victoires, les syndicats eux-mêmes font face à des difficultés de recrutement et de financement. Essoufflées, les bénévoles s’inquiètent pour la relève.

« L’agriculture vit des années difficiles, constate Lise Sarrazin, administratrice de la Fédération des producteurs de porcs du Québec, et on peut craindre qu’une fois encore, les femmes en fassent les frais. Quand une entreprise est en difficulté – c’est le cas dans plusieurs productions, celle du porc par exemple -, il arrive souvent que la femme retourne travailler à l’extérieur. C’est son salaire, et non pas les revenus de la ferme, qui permet de subvenir aux besoins de la famille. Et j’en connais plusieurs qui, après leur journée de travail, chaussent les bottes pour aller à l’étable. Les réunions d’agricultrices, leur propre sécurité financière, elles n’ont pas le temps d’y penser. »

Fragiles, les acquis des agricultrices? Peut-être. Mais le mouvement est irréversible. L’agriculture québécoise n’a pas les moyens de se passer du travail, des compétences et du jugement d’une bonne partie de ses effectifs. Pas plus qu’elle ne peut se priver de ce syndicat pas comme les autres qui fait éclore les talents et l’estime de soi comme autant de bourgeons au printemps.

La première année, quand j’ai commencé à assister aux réunions des femmes, raconte Diane Prévost, présidente de la section Saint-Jovite du Syndicat des agricultrices de l’Outaouais et des Laurentides, je n’ai presque pas dit un mot. J’écoutais, j’écoutais. J’en avais tellement à apprendre! Mais à force d’en parler avec les autres, de voir les dossiers, je me suis rendu compte qu’on était plusieurs à avoir les mêmes problèmes. Maintenant, je sais comment ça marche, une réunion, puis ça ne me fait plus peur de donner mon opinion, même devant un gros groupe.

« Puis quand les hommes commencent à niaiser à propos des femmes ou bien qu’ils disent qu’on veut mener l’UPA, je ne me gêne pas pour leur dire qu’on ne veut pas prendre leur place. On veut juste prendre notre place, c’est tout! »

Les syndicats d’agricultrices : un accouchement difficile

Faire admettre des syndicats d’agricultrices dans le bastion masculin de l’Union des producteurs agricoles a été une épreuve de force. Lise Sarrazin, une productrice agricole aujourd’hui administratrice de la Fédération des producteurs de porcs du Québec était enceinte de son deuxième enfant lorsqu’elle se lança dans la bataille. « Quand je me suis retirée, six ans plus tard, j’avais l’impression de n’avoir pas vu la petite enfance de ma fille. »

En 1981, après avoir contribué à la création d’un comité sur les femmes à l’UPA, Lise Sarrazin accepte d’y siéger avec des représentantes de l’AFEAS, des Cercles de fermières et de l’Association des femmes collaboratrices (ADFC). Mais les dirigeants de l’UPA étaient loin d’être convaincus. « Ils nous disaient tout le temps que les femmes ne savent pas ce qu’elles veulent. Nous, on leur répliquait: « Donnez-nous la chance de nous réunir, on va vous le dire ce qu’on veut! »

A la fin de l’année, en usant de stratégie (aucune d’entre elles n’est déléguée), Monique Bernard, de l’ADFC, Thérèse Laroche et Lise Sarrazin font adopter une résolution concernant la tenue d’une journée d’étude provinciale. « Là, ç’a commencé à jouer dur, raconte Lise Sarrazin. Dans le Comité d’orientation, il y avait de la violence verbale, du mépris.

Les gars nous ont mises au pied du mur: « Prouvez-nous que les femmes sont intéressées; organisez des colloques régionaux. » On n’avait pas de budget, pas de frais de déplacement, rien! » D’octobre 1982 à janvier 1983, les femmes de l’ADFC et des productrices agricoles réussissent le tour de force de tenir 13 journées d’étude dans autant de régions du Québec.

Lise Sarrazin n’oubliera jamais cette journée de l’automne 1982 ou eut lieu le colloque régional des femmes de Lanaudière. « Je n’ai jamais connu un sentiment d’euphorie, de victoire comme ça! C’était la première fois que les femmes se réunissaient pour parler de leur vie et de leurs problèmes d’agricultrices. A la fin de la journée, le message des femmes était clair : Continuez! »

Le 13 février 1983 arrive la journée tant attendue du colloque provincial. Les déléguées des femmes transmettent leurs demandes à l’UPA. Elles veulent des comités régionaux chapeautés par un comité provincial et une coordonnatrice. L’UPA se donne quatre mois pour répondre, mais le soir même, craignant la démobilisation, les femmes mettent sur pied une structure provisoire. Toujours pas d’argent: le bénévolat fonctionne à plein. Lise Sarrazin se souvient de la déléguée de l’Abitibi qui, pour assister aux réunions à Longueuil, voyageait toute la nuit dans le « camion de lait » d’une coopérative. En avril 1983 l’UPA rend sa réponse: va pour les comités, mais seulement pour les femmes collaboratrices (c’est-à-dire celles qui n’ont pas de statut officiel dans l’entreprise). Devant cette nouvelle stratégie de division, les femmes décident de se tenir les coudes: qu’elles soient productrices agricoles ou collaboratrices, les agricultrices ont des problèmes communs.

Au congrès de 1983, elles parviennent une fois encore à renverser la vapeur: l’UPA reconnaît les comités d’agricultrices, sans distinction de statut. « C’était une grande victoire, oui, mais on nous accordait 15 000$ et quatre réunions par année pour faire fonctionner une structure provinciale chargée de défendre les intérêts de 30 000 femmes », lance Lise Sarrazin. Lors du forum Décision 85, qui clôt la décennie des femmes, Lise Sarrazin frappe un grand coup et dénonce publiquement les maigres moyens dont disposent les agricultrices. « Le gouvernement et l’UPA ont délié les cordons de leur bourse, conclut l’ex-présidente du Comité des femmes en agriculture, et la, on s’est mises à fonctionner à plein rendement. Peu de temps après, on a présenté un mémoire à la Commission parlementaire sur le crédit agricole et on a obtenu la prime à l’établissement pour les conjointes. »

Difficile, le militantisme.

  • 1 La qualité de vie des femmes en agriculture: faits saillants d’une recherche, par Huguette Dagenais, Marie-Claire Larse, Albert Sévigny et Suzanne Dallaire, Groupe de recherche multidisciplinaire féministe de l’Université Laval en collaboration avec la Fédération des agricultrices du Québec (FAQ), publié par la FAQ, 1988.
  • 2 L’opération de l’ensilage consiste à mettre dans un silo du fourrage vert destiné à l’alimentation du bétail. Le souffleur est une machine très puissante qui aspire le fourrage pour l’envoyer à l’intérieur du silo.
 

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