accueil-droite-block

Dans l’actualité

La Cour suprême du Canada vient de décriminaliser trois articles du Code criminel au cœur de la prostitution : la tenue d’une maison de débauche, le fait de vivre des fruits de la prostitution d’autrui et la communication à des fins de prostitution. Les avis sur la question sont très partagés. De son côté, le Conseil du statut de la femme, tout en étant soulagé que les femmes prostituées soient décriminalisées par cette décision, s’inquiète du fait que celle-ci banalise l’exploitation dont est victime la très grande majorité des prostituées. « Nous sommes préoccupées des conséquences possibles de ce jugement qui facilitera la vie des clients et des proxénètes et qui aura certainement un effet sur l’augmentation du nombre de prostituées et sur la traite humaine », a soutenu la présidente du Conseil du statut de la femme, Mme Julie Miville-Dechêne.

Puisque le gouvernement a un an pour trouver une solution à l’encadrement de la prostitution, le Conseil estime qu’il s’agit là d’une opportunité pour débattre de cette problématique sociale et pour réformer la loi. Selon l’organisme, le Canada devrait s’inspirer de pays comme la Suède, et tout récemment la France, qui ont choisi de pénaliser les clients, mais de décriminaliser les femmes prostituées, considérées comme des victimes.

Dans le même temps, Émilie Laliberté, directrice générale du groupe Stella qui vient en aide aux « travailleuses du sexe » à Montréal, estime qu’il s’agit là d’une victoire historique. « Enfin, on peut reconnaître les droits à la sécurité, à la liberté, à la dignité de toutes les travailleuses du sexe ». De son avis, la décision de la Cour suprême permettra aux prostitués d’avoir accès à la même protection policière que n’importe quel autre citoyen.