Cet article a été publié le 16 janvier 2012
« Soirée pornstar », « Party plotte à cash », « Vendredi lingerie », « Ladies night », « Sex party » : nouvelles soirées tendance de clubs de danse érotique? Non. Plutôt le pain quotidien de bars branchés que fréquentent de plus en plus de jeunes filles. Qui doit-on blâmer pour ces soirées avilissantes?
La tendance ne s’essouffle pas. Depuis quelques années, en échange de (plusieurs) cocktails sucrés, les organisateurs de soirées à saveur machiste encouragent les filles à s’habiller comme des stars de la porno, à défiler en petite tenue ou à participer à des « concours » de t-shirts mouillés, au grand plaisir des clients masculins, présents expressément pour l’occasion — et qui ne se rendent pas toujours compte qu’ils sont également les proies de ces activités mercantiles.
Pour attirer la gent masculine, shooters, bar ouvert et rabais sur l’alcool sont offerts aux dames très tôt en soirée, afin de les « préparer » à l’arrivée des garçons. Non seulement illégale**, cette pratique est inquiétante, surtout quand on sait que le prix de l’alcool est un facteur déterminant dans la consommation. Alors que les filles n’ont pas à dépenser un sou pour participer à ces soirées, on exige habituellement un fort droit d’entrée aux hommes… et on leur propose peu de rabais. Facile de déduire qu’on leur demande littéralement de payer pour accéder à une myriade de filles « détendues et prêtes à faire la fête » (lire ici : soûles et vulnérables).
Mais qui doit-on blâmer pour ces soirées sexistes et dégradantes? Les organisateurs et propriétaires des établissements qui utilisent l’image hypersexualisée des femmes pour s’enrichir? (Original!) Les garçons, dont une majorité a malheureusement fait son éducation sexuelle sur Internet, qui ne semblent plus s’indigner de l’utilisation du corps féminin comme objet sexuel? Ou alors est-ce la faute des participantes, qui se laissent assujettir aux règles d’une société où l’apparence prime sur tout, une société qui exige qu’elles soient toujours plus désirables?
Certains rétorqueront que les filles qui participent à ce genre d’évènements sont libres de faire ce qu’elles veulent de leur corps, qu’elles embrassent leur féminité. À ceux-là je réponds qu’avec la pression qu’exercent la société et la culture populaire sur les femmes, il s’agit plutôt, selon moi, d’une tentative désespérée de se faire valoir, accepter, voire aimer.
Alors, à qui la faute? À nous toutes et tous. Je pense que nous devons, ensemble, filles, garçons, femmes, hommes, propriétaires de bar, publicitaires et citoyens, lutter contre ce genre de sexisme, présent dans notre quotidien, pour réussir à changer les mentalités.
Et ça peut simplement commencer par ne pas participer au prochain « Vendredi lingerie »…
**En vertu du paragraphe 4o de l’article 2 du Règlement sur la promotion, la publicité et les programmes éducatifs en matière de boissons alcooliques, « nul ne peut faire une publicité sur les boissons alcooliques incitant une personne à consommer des boissons alcooliques de façon non responsable »
. Le règlement stipule également que « le titulaire d’un permis pour consommation sur place ne peut, directement ou indirectement, dans sa publicité, annoncer la consommation gratuite de boissons alcooliques »
.







Qu'en pensez-vous ?
Bravo Éli!
Vraiment bon texte! très cool le renvois à la loi sur la promotion!
Tu fais quoi à ne pas être à l’Exemplaire??
Continue ton bon travail!
M
Criant de vérité. Simple, drôle et apporte des solutions logiques. Bravo Élie!
Quel article ! Vraiment super ! à partager…
Bravo Éli!
Je crois que c’est désolant de voir que ces soirées attirent de plus en plus d’adeptes, d’années en années et que mes consoeurs semblent oublier tout les efforts déployés par nos mères et nos grands-mère afin de se libérer du joug de l’image d’objet sexuel au service de l’homme. Par ailleurs, ces cocktails sont conçu pour attirer un palais nos habitué à l’alcool, ainsi il est facile d’etre ivre avec ceux ci et un autre effet pervers est que de plus en plus de jeunes filles qui n’ont pas l’âge légal se retrouvent dans ces établissement puisque qu’elles sont beaucoup plus influenceable et ainsi les organisateurs sont contents puisques leurs clients masculins on bien plus de facilité à les rammener chez eux, au grand plaisir de messieurs….
Super de bonne article,très vrais et triste aussi.
Elie, article choc, très bon papier et surtout c’est effrayant de penser que nos filles peuvent participer à ce genre de soirée…Il faut dénoncer cette pratique comme tu viens de le faire. Bravo!
Cristina
Bravo ! Excellent texte !
Effectivement c’est l’affaire de tous de changer ces coutumes plutôt dégradantes et désolantes…
Wow! Excellent texte!! Enfin un texte qui rejoint ma pensée! Merci! J’ai deja vu un concours de t-shirt d’un un des bars ou j’allais et je trouvais cela tellement dégradant pour la femme! Merci d’avoir le courage de mettre nos pensées sur papier!
Continuez comme ca:)!
Bravo pour ton article criant de vérité!
À mettre entre les mains de tous les »ados branchés », qui vont peut-être y voir là le conseil d’une jeune femme impliquée et très sensée . Garde ce discours cohérent, qui se veut sincère et précis sans tomber dans le blâme moralisateur. Tu iras loin!
C’est un sujet extrêmement intéressant que je me permettrai de lire à mes étudiants de 5e secondaire afin de les sensibiliser.
Bravo Elisabeth
Je suis d’accord presque à pars entière avec vous, seulement je travaille dans un endroit ou nous offrons les mercredis 3 consommations aux dames qu’elles peuvent boire ou non et aucun cover aux hommes. Donc c’est pas parce qu’un bar offre des consommations a des femmes qu’il veux nécessairement les exploiter sexuellement. Mais c’est vrai qu’il y a des bars, clubs qui abusent de ça et ont ne devraient pas les encourager!
Sujet malheureusement trop souvent ignoré et passé sous silence. Bravo et merci de trouver les bons mots pour informer les gens et nous faire réfléchir !
Super ton article. Voici de vrais faits, bien exprimés et qui dénoncent celle nouvelle mode dégradante. Chapeau !
Excellent article Elie!
Ce n’est malheureusement pas nouveau, nous dénonçons ce genre de promotion depuis des année. Mais, dans cet article, on oublie la responsabilité d’un joueur : celle de l’État comme garant de l’égalité entre les femmes et les hommes, entre les filles et les garçons.
En décembre 2006 (ou 2005) nous (femmes et hommes) avons déposé à l’Assemblée nationale une pétition de plus de 25 000 signatures demandant au gouvernement de baliser les pratiques publicitaires afin d’en éliminer le sexisme, réponse ? Rien.
Pourquoi ? Limiter c’est censurer ? C’est nuire à la créativité ? Pourquoi c’est de la censure pour le sexisme mais pas pour le racisme ? Accepterait-on au Québec des publicité à caractères homophobes ? J’espère que non.
Une responsabilité citoyenne OK, mais elle doit être soutenue par celle du gouvernement, ce qui n’est clairement pas le cas présentement. Ce n’est certainement pas en lançant un prix Égalité à l’œuvre, quoi qu’intéressant, qu’il propose des balises et agit de manière coercitive.
Et je sais que le publicité est de juridiction fédérale, mais nous sommes capables au Québec de choisir des lieux où des balises sont possibles. Le Québec peut choisir de vivre un environnement exempt de sexisme et cela requiert une mobilisation de toutes et tous: citoyennes et citoyens, municipalités, entreprises et gouvernement.
Il est clair que ces pratiques commerciales doivent être dénoncées. Ce texte me ramène en tête un évènement survenu dans un bar de Québec l’an dernier.
Lors du congé de Pâques, ce bar organisait une soirée « Jeudi Saint ». Ainsi, les filles affichant un décolté plongeant obtenait une consommation gratuite. Comme je n’étais pas au courant de la thématique et que, de nature, je n’aborde pas une poitrine très plantureuse, je n’ai pas reçu mon fameux coupon pour cette chère bière gratuite. Le tout accompagné du commentaire : Ben quoi, on voit pas son décolté. Logique non!
Ayant surtout un bon estime de moi-même, je n’ai pas été personnellement ébranlée ou blessée par cette discrimination. J’ai surtout été choquée de constater que les bars continuent toujours de miser sur le corps des femmes pour faire de l’argent et pour amener la clientèle masculine. Tellement original!
Pour reprendre le slogan la Journée de la femme du 8 mars prochain, il est important de se rappeler que :
LE FÉMINISME EST PLUS ACTUEL QUE JAMAIS!
LES FEMMES ONT TOUTES LES RAISONS DE S’INDIGNER.
L.