Fin septembre, la Gazette des femmes était conviée à un cocktail de réseautage organisé par Ton avenir en main, qui réunissait plusieurs participantes à ses ateliers. Nous y avons rencontré des jeunes femmes débordantes de confiance en elles et en l’avenir, porteuses d’initiatives plus inspirantes les unes que les autres.
L’organisme Ton avenir en main (TAM) se consacre à la formation des leaders de demain au Québec et dans le reste du Canada. Les ateliers qu’il propose chaque année s’adressent aux jeunes femmes impliquées de près ou de loin dans des projets sociaux, ou qui témoignent d’un vif intérêt pour le milieu associatif. Au moment de la présélection, chaque candidate doit soumettre une ébauche de projet à réaliser dans sa communauté. Que ce soit l’organisation d’un spectacle-bénéfice ou la mise sur pied d’un magazine de mode écologique, les objectifs doivent être précis. Devenir un leader nécessite un minimum d’efforts!
Le rayonnement de TAM
Depuis sa création en 2004,
Ton avenir en main a offert
des ateliers de leadership à 85 jeunes femmes.
Sa fondatrice, Gladys Daoud, estime que les projets
réalisés à ce jour ont rejoint près de 10 000 personnes.
S’il en coûte 450 $ en frais d’inscription, le coût réel de formation représente 5 000 $ par participante. Pour pallier l’écart, TAM reçoit le soutien financier de l’Association pour le développement socioculturel de la femme (ADSF), une corporation canadienne à but non lucratif qui reçoit entre autres l’appui de Condition féminine Canada.
Pourquoi un projet juste pour les filles? Parce que dans les 500 plus grandes entreprises canadiennes, il n’y a que 13 % de femmes qui se retrouvent dans les comités de direction, alors qu’elles représentent 61 % des diplômés universitaires au pays.
Des conférences, des ateliers pratiques et du mentorat sur mesure permettent aux leaders en devenir de porter leur initiative à bout de bras. TAM leur donne la possibilité d’oser exprimer leur talent. D’une voix douce mais convaincante, Maude Nantel, 18 ans, a témoigné de son expérience au sein de TAM lors du cocktail. « Avant, j’étais très gênée et je manquais de confiance en moi », a-t-elle confié derrière le micro. Pour « sortir de sa coquille », elle a pris son courage à deux mains et s’est inscrite à l’édition 2010 du programme.
Son projet : mettre sur pied une friperie destinée aux élèves de l’école Espace-Jeunesse à Montréal, un établissement spécialisé dans l’éducation des élèves ayant un trouble de comportement. Lorsque Maude a appris que certains d’entre eux se privaient de nourriture pour pouvoir s’offrir des vêtements neufs, l’idée d’un service de vêtements de seconde main fonctionnant selon un système de points lui est apparue innovante, voire nécessaire. En s’inscrivant à TAM, la jeune leader s’est engagée à organiser un concert-bénéfice dont les revenus permettraient aux élèves d’obtenir des vêtements à moindre prix et d’apprendre à coudre pour pouvoir confectionner leurs propres créations.
Au fil de trois fins de semaine de formation en groupe, Maude et ses acolytes ont appris comment développer des comportements de leadership, communiquer en public, donner et recevoir de la rétroaction, gérer leur emploi du temps. Celles qui autrefois évitaient les occasions de se retrouver sous les feux de la rampe ont acquis de l’assurance. « Les présentations orales me font beaucoup moins peur qu’avant… Vous en avez la preuve ce soir! » a confié Maude devant un auditoire constitué de politiciens, d’athlètes émérites et de personnalités publiques. C’est ce qu’on appelle du dépassement de soi!
Selon la nature de son projet, chaque participante est jumelée à une mentore qui possède une solide expertise en leadership. La directrice et fondatrice de TAM, Gladys Daoud, a affirmé dans son discours que « dans ce partage de connaissances se crée naturellement un maillage intergénérationnel dans lequel chacune apprend de l’autre ». Plusieurs participantes ont prononcé ces mots au cours de la soirée : « Sans l’appui de ma mentore, je n’aurais pu réaliser mon projet. » Du côté des mentores, les motivations sont diverses. Hélène Seguinotte, présidente et chef de la direction chez Morpho Canada, croit qu’ « il faut investir très tôt dans la jeunesse afin de lui donner le goût du leadership. C’est ce qui va faire que le Québec ira de l’avant ». Pour Samantha Hass, instructrice de fitness corps-esprit, le fait d’exposer des jeunes femmes à des leaders d’expérience qui ont su prendre leur vie en main crée une spirale positive. « Chaque personne possède à tout âge un potentiel infini », a soutenu la mentore.
« Il faut savoir conjuguer les mots pouvoir et ambition avec notre condition de femme, a affirmé la vice-première ministre du Québec, Line Beauchamp, invitée à présenter un discours pour l’occasion. L’engagement communautaire est une expérience extrêmement enrichissante, et Ton avenir en main est au cœur de cette expérience. » Selon Mme Beauchamp, c’est l’ensemble de ses acquis dans le milieu communautaire (notamment comme directrice de la station de radio CIBL) qui lui a permis de monter les échelons et de faire voler en éclats le fameux plafond de verre.
Mais tout n’est pas rose au pays du leadership. Au dire des participantes, nulle n’est à l’abri des écueils. Kimberly Papp, participante aux ateliers de TAM en 2011, a appris que « si ça peut arriver de ne pas atteindre ses objectifs ou même d’échouer, l’important, c’est d’apprendre! » Parlez-en à Sylvie Fréchette. « Dans le sport, on apprend en se plantant. Puis, on se relève », a-t-elle avancé dans une allocution bien sentie sur l’importance d’oser et de persévérer. Pour la médaillée d’or en nage synchronisée aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992, le secret du succès est de « réussir marche par marche, entourée de mentors, de parents et d’amis qui croient en nous ». À celles qui hésitent encore : à go, on y va!

Le rayonnement de TAM
Depuis sa création en 2004, Ton avenir en main a offert des ateliers de leadership à 85 jeunes femmes. Gladys Daoud estime que les projets réalisés à ce jour ont rejoint près de 10 000 personnes.
Quelques participantes
Qui : Evelyne Sousha
Quoi : Une collection de vêtements faits de matériaux recyclés et un défilé
Où : Collège Notre-Dame, Montréal
Rôle : Coordonner une équipe
Acquis : S’organiser, trouver un plan B
Qui : Anne Boily
Quoi : Un spectacle de danse mettant en scène des danseurs avec un handicap moteur ou cérébral
Où : École polyvalente La Pocatière
Rôle : Chorégraphe
Acquis : Apprendre de l’autre, de sa marginalité
Qui : Elyde Sanchez-Ortega
Quoi : Des activités d’intégration destinées aux élèves autistes de son école
Où : École secondaire Anjou, Montréal
Rôle : Coordonnatrice Acquis : Faire face aux préjugés… et les transformer







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