Chercheur en éducation, Jean-Claude St-Amant fait partie du groupe d’experts à l’origine du Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (
Les garçons et les filles qui réussissent présentent plusieurs points communs, et la table ronde en fait ressortir quelques-uns. Les jeunes s’y entendent en effet facilement sur quatre façons d’arriver au succès : adopter une attitude favorable à l’école (« venir à l’école pour réussir », comme ils le laissent entendre), fournir les efforts nécessaires (« y mettre le temps et l’énergie »), prendre en charge sa scolarisation (« gérer ses affaires ») et se projeter dans l’avenir (« avoir un but »). Et contrairement à l’impression qui pourrait se dégager de leurs propos, ces caractéristiques sont repérables aussi chez les filles et les garçons du primaire qui ont du succès à l’école.
Mais cette non-différence entre les garçons et les filles ne doit pas faire oublier l’effet de la socialisation selon le sexe. Par exemple, quelle réaction une fille et un gars auront-ils devant une note moins satisfaisante ? « Essayer d’en rire » (Antoine) ou « capoter » (Marie-Philippe) ? Et où une « bonne note » se situe-t-elle ? À 75 % (Pierre-Antoine) ou à 96 % (Marie-Philippe) ? Les filles sont en général plus exigeantes envers elles-mêmes et plus conscientes des enjeux liés à une scolarisation réussie.
On peut aussi percevoir des différences sexuelles construites par la société dans les embûches scolaires que mentionnent les jeunes. Dans certains groupes masculins, « étudier, c’est pas cool ». Prendre de la drogue serait une affaire de « gars surtout ». Enfin, le « chandail bedaine » symbolise le retour de stéréotypes que l’on croyait disparus et qui menacent les acquis scolaires des filles. ::







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